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Quand BORDO FM part à la rencontre de Alain Anziani !

Pour BORDO FM,

le maire de Mérignac et président de Bordeaux Métropole, Alain Anziani est revenu sur les grands projets qui vont occuper la mandature 2020/2026 de la majorité de Mérignac.

Du centre-ville en passant par la future maison de la nature et la préoccupation des fermetures de postes dans la commune, Alain Anziani répond sans détour à toutes nos questions.

 

Retrouvez notre interview avec Alain Anziani en exclusivité pour BORDO FM ! 

 

 

 

EG : Bonjour Alain Anziani !  Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Le début de cette année 2021 est marqué par un contexte sanitaire inédit avec certains secteurs économiques qui souffrent plus que d’autres dont notamment les commerces de proximité. Dans ce contexte, qu’en est-il de la transformation du centre-ville ?

 

Alain Anziani : Oui, tout d’abord bonjour et merci de m’interviewer ! Vous savez, la transformation du centre-ville est un enjeu majeur qui dure depuis des années. Le centre-ville aurait dû être rénové depuis longtemps. Mais, il y a eu un recours qui nous a fait perdre 2 ans. Aujourd’hui, qu’est-ce que l’on voit sortir de terre ? On voit sortir de terre un Monoprix, qui comme vous le savez, est une motrice très importante pour tout le commerce local. Là où il y a un Monoprix, des gens vont et donc ils peuvent aussi fréquenter d’autres commerces. Je tenais beaucoup à ce qu’il y ait une librairie. Evidement, une librairie indépendante n’a pas les moyens de payer le loyer qui est demandé en centre-ville. Donc la mairie a fait un montage qui est tout à fait autorisé avec comme locataire la mairie, mais on accueille dans notre local la librairie avec une indemnité d’occupation. Et cela permet ainsi d’avoir une librairie en centre-ville très bien placée. On va avoir un restaurant thaïlandais qui dans les prochains jours va ouvrir avec une façade qui donne sur la place Charles de Gaulle. Et puis, je souhaite aussi que l’on ait une brasserie et nous sommes en train de choisir entre 2 candidats pour ouvrir une brasserie en plein centre-ville. Tout ça avec d’autres magasins qui sont en train d’ouvrir !

 

EG : Alors, dans le nouveau projet du centre-ville de Mérignac, il y a également le projet d’une Hall gourmande à la place de l’ancien Casino, ainsi que l’îlot de La Poste accompagné de sa forêt urbaine. A quoi ressembleront ces projets ?

 

Alain Anziani : Alors, vous savez que le groupe Monoprix, c’est la même chose que Casino. Donc le groupe Monoprix-Casino a vendu l’ensemble de l’îlot qui est aujourd’hui l’îlot Casino à un groupe important avec Novo France à sa tête. Monoprix a traversé la rue pour aller de l’autre côté en reprenant au passage les salariés de Casino. Aujourd’hui, on discute avec le groupe Domo France qui a acheté très cher ce foncier. Personnellement, j’ai toujours demandé que l’on puisse penser à la question du stationnement. Mais, il y a encore de la discorde au sujet du stationnement puisque le parking de Casino appartient à Casino. Ils veulent y faire un grand centre qui soit un ensemble de logements. Ils veulent aussi établir à la place du Casino une Hall comme celle de Bacalan et de Talence avec d’ailleurs le même opérateur. Tout cela est un peu en stand-by aujourd’hui puisque je ne donne pas le permis de construire tant que l’on ne m’a pas donné les garanties sur une compensation des places de stationnement. Mais cela se fera ! Cela se fera grâce à des négociations importantes avec toutes les copropriétés qui sont autour et notamment avec toutes les copropriétaires du Parc du Château.

 

EG : Et justement, vous avez parlé de logements et je vais rebondir dessus. Actuellement, quand on écoute beaucoup de Mérignacais, il y a des critiques sur le nombre de logements disponibles. Que leurs répondez-vous ?

 

Alain Anziani : Moi, j’ai d’autres critiques de Mérignacais qui me disent « On n’a pas assez de logements », et je vous assure qu’il y a beaucoup de demandes de logements. Le paradoxe, c’est que Mérignac est une ville attractive et les gens veulent venir à Mérignac. Donc, on ne va pas non plus construire un mur autour de Mérignac en disant aux gens de ne pas venir. Et puis, il y a des gens qui veulent rester à Mérignac car ils aiment leur ville. C’est une bonne chose, et ça veut dire aussi sans doute que la ville n’est pas si mal gérée que ça. Donc effectivement, il y a des critiques sur le logement, mais je pense qu’il faut avoir des approches différenciées. Au contraire on a besoin d’un apport de population, et si on n’a pas cet apport, les commerces vont mourir car si l’on n’a pas d’habitants, vous n’avez pas de clients. Donc je pense que l’on a un centre-ville trop faible par rapport à d’autres. Donc, il faut que l’on ait un apport de population en centre-ville. C’est pour cela que l’on a le projet du Monoprix avec autour des logements et que l’on aura à proximité du Casino des logements.  La première vision, c’est que si on veut qu’il y ait une activité, il faut qu’il y ait des clients. La deuxième vision, c’est qu’ensuite, il ne faut pas que l’on soit n’importe où, n’importe comment. On a l’avenue de la Marne, franchement, si je vous y emmène en voiture, vous allez voir ce que c’est… C’est des enseignes, c’est du bitume, c’est du béton. Est-ce que c’est le rêve d’un Mérignacais ? Je ne le crois pas … Ils préfèrent autres choses ! Donc, l’idée de l’avenue de la Marne, c’est effectivement d’offrir du logement puisque l’on en a besoin. Et de profondément changer tout l’axe Marne/Soleil avec des habitations mais aussi un nouveau groupe scolaire, avec beaucoup de nature. L’engagement écrit est de planter 10 000 arbres sur l’avenue de la Marne avec un parc. Donc c’est un nouveau quartier que l’on fera et ce sera un quartier avec beaucoup de nature en ville et avec devant sa porte un Tramway. Et si on a un Tramway devant sa porte, et bien peut être que l’on pourra se dispenser de prendre sa voiture, et on règlera des questions les plus importantes de la métropole à savoir celles de la mobilité. On voit bien que la métropole bordelaise est une métropole embouteillée depuis maintenant quelques années. Et il faut trouver des solutions ! La solution c’est de permettre aux gens de monter dans un Tramway, plutôt que de monter dans leur voiture. 

 

EG : Alors, un autre projet va voir le jour à Mérignac Centre : c’est la maison de la nature. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce projet ?

 

Alain Anziani : Oui, c’est un des deux projets qui concernent la nature en plein centre-ville. Là aussi, c’est extrêmement rare puisque vous n’avez pas beaucoup de ville en France qui accordent autant de place à la nature en plein centre. Donc la maison de la nature, c’est une opportunité ! C’est-à-dire que vous aviez avant ce que l’on appelle le réseau Canopé qui est un réseau de documentation pédagogique qui dépendait de l’éducation nationale. Et puis, l’éducation nationale a considéré à un moment donné qu’il n’y avait plus besoin de ce type d’offre de services de cette façon et que l’on pouvait regrouper cela ailleurs. Il y a donc un magnifique bâtiment avec une architecture tout à fait remarquable que l’éducation nationale était prête à vendre à un promoteur. Evidement, que j’ai su cela, je me suis dit que l’on n’allait pas construire à cet endroit là qui est un endroit très arboré et donc on a racheté ce bâtiment pour en faire une maison de la nature. J’ai d’ailleurs signé dans cette pièce même les actes d’achat … On a d’abord rapatrié la maison du vélo dans des locaux provisoires vers l’avenue de la Marne pour ensuite permettre à la maison de vélo de s’y installer. Mais il y aura d’autres activités dont des activités qui vont tourner autour de l’énergie avec un point info énergie. J’aimerais faire une sorte de ruche où il se passera beaucoup de choses. Aujourd’hui, on n’a pas encore la disponibilité de la maison de la nature. Mais à partir de juillet/août on pourra prendre possession des lieux et on pourra aménager ces lieux. Mais, il y a quand même quelques travaux à faire pour y établir un endroit qui sera très certainement un endroit central de Mérignac.

 

EG : Il y a beaucoup de chose qui se passent à Mérignac, mais il y aussi un projet de stade nautique qui est en cours de construction. Le nouvel équipement aura un caractère métropolitain Mais concrètement, que va apporter de plus ce nouveau stade nautique ?

 

Alain Anziani : Tout d’abord, il va doubler la surface d’eau, tout simplement ! C’est un équipement d’intérêt métropolitain. La loi permet ce genre d’équipement et donc avec Alain Juppé alors président de la métropole, on avait regardé tout ça. On avait sélectionné une dizaine d’équipements métropolitains. Vous avez par exemple, le stade à Talence ou encore le magnifique équipement du côté de Bègles. Et donc, j’ai suggéré que nous pouvions nous aussi avoir un stade nautique d’intérêt métropolitain ! Aujourd’hui, on a le Matmut pour le sport, on a ensuite l’Aréna pour le spectacle. Mais, en matière de sport nautique, on n’a rien. C’est-à-dire, que quand vous regardez une carte de France, vous verrez qu’il n’y a pas d’équipement de cette nature entre Limoges, Toulouse et Montpellier. Donc l’idée, c’était d’avoir un réel équipement qui puisse accueillir des compétitions, mais surtout qui double la surface d’eau, puisque nous sommes en déficit de surface d’eau dans toute la métropole. Donc ça va être un magnifique équipement qui ne coutera pas très cher au Mérignacais parce que j’ai voulu maintenir des équilibres. Les collègues de la Métropole ont dit que Mérignac n’allait pas payer suffisamment, mais ce n’est pas exactement comme ça … Car aujourd’hui on dépense à peu près 2 millions d’euros pour le stade nautique, et je ne voulais pas que l’on aille au-delà pour le futur équipement. Je pense que ces engagements seront tenus !

 

EG : Dans quel délai serait-il livré vu qu’il y a eu un recours de déposé à cause des « Water jump » ?

 

Alain Anziani : En principe, le recours n’étant pas suspensif, comme on peut le voir en ce moment même, les travaux ont commencé, et ils vont se poursuivre. J’ai discuté avec ceux qui portent le projet, et notamment le groupe Eiffage qui considère que le recours n’a pas nature à remettre en question le projet. Donc les travaux se poursuivent et en principe, on a une ouverture qui sera prévue pour 2023, et sans doute en fin d’année 2023.

 

EG : Alors, il y aussi la question de la sécurité… Et on aura un nouveau commissariat divisionnaire qui arrive à Mérignac normalement début 2023. Comment avez-vous fait pour le maintenir à Mérignac alors que certaines villes de la métropole sont entrain de fermer des commissariats ?

 

Alain Anziani : D’abord, c’est une affaire qui remonte à longtemps puisque que quand j’ai été élu maire, il y avait déjà eu l’idée de changer le commissariat de place et de le mettre un peu plus loin du centre-ville. Or j’ai souhaité que l’on conserve le commissariat en centre-ville.  Et je ne le regrette pas parce qu’il y a un vrai problème de sécurité aujourd’hui dans toute la métropole, comme d’ailleurs dans toute la France. Quand on voit ce qu’il se passe à Bordeaux ou bien ce qu’il s’est passé à Bègles ou à Pessac, et ce qu’il se passe à Mérignac, on voit qu’il y a un réel problème de sécurité, donc il nous faut un commissariat en centre-ville. C’est une affaire qui remonte à bien longtemps et j’avais renvoyé la candidature de notre commissariat, mais il y avait d’autres villes candidates comme Pessac et Le Bouscat. On a proposé le Foncier, et on a 2 passerelles que l’on va donner à l’Etat, ce qui permet de boucler le budget. Après, une deuxième question qui est différente des bâtiments, c’est qu’il y a une réorganisation de l’ensemble des forces de police sur toute la métropole. Dans cette réorganisation, il va avoir 3 pôles : un pôle sur la rive droite, un pôle à Bordeaux et un pôle sur la rive gauche qui sera à Mérignac, où l’on accueillera plus de policiers, une BAC. Ce qui est extrêmement important pour toute la délinquance du quotidien. La BAC se déplacera aussi bien à Talence, à Pessac, ou au Bouscat. Tout ce qui est garde à vue, une partie se fera à Talence et ne se fera donc pas à Mérignac. Il y aura un partage mais on aura les forces hiérarchiques qui se trouveront à Mérignac.

 

EG : Et pour finir, tout à l’heure, nous avons évoqué La Poste… Un sujet qui préoccupe les Mérignacais, c’est la fermeture des Postes à Mérignac. Par exemple à Chemin Long ou à Montesquieu, les gens sont obligés d’aller à la Poste du Centre-ville. Que peut faire la mairie pour éviter ces fermetures ?

 

Alain Anziani : C’est quelque chose qui me tracasse beaucoup, et je suis comme tous les maires de France qui à de multiplies reprises sont montés au créneau en disant que l’on ne voulait pas que l’on ferme nos Postes. J’ai reçu le patron de la Poste, on a discuté et c’est vrai que la vision de La Poste, c’est de dire : on n’a plus de clients, donc on n’a plus de Poste. Aujourd’hui c’est rare d’envoyer une lettre car les mails se sont substitués aux lettres. Mais une Poste, ce n’est pas que ça, ce n’est pas uniquement des courriers. C’est aussi des transactions financières, c’est des colis. Donc moi, je souhaite maintenir Les Postes, mais c’est vrai que l’on a peu de moyens. Il y a 2 ou 3 ans, La Poste était venue à Arlac pour fermer La Poste de Arlac. Et là, on avait eu une réunion avec les habitants de Arlac et La Poste avait pris un engagement de ne pas fermer La Poste pendant un certain nombre d’années. Aujourd’hui, La Poste revient un peu à la charge c’est vrai. Pour Arlac, c’était une absurdité de fermer La Poste car c’était un des quartiers les plus importants. Donc c’était assez étrange d’avoir voulu fermer La Poste à Arlac, en plus dans des locaux qui appartiennent à la ville. De plus, dans la nouvelle maison des habitants qui est en pleine construction, j’ai rappelé à La Poste que j’avais prévu un local pour les accueillir. Ils regardent donc maintenant d’autres fermetures, et ils pensent à fermer d’autres endroits. Mais, moi je suis défavorable à toute fermeture de Poste, or le maire n’a pas le droit de véto. Donc s’ils veulent fermer, ils fermeront …

 

EG : Et que pensez-vous des petits villages où dans les mairies il y a un relais Poste ?

 

Alain Anziani : Cela mériterait presque une sorte de référendum local ! La position de La Poste est la suivante ; écoutez monsieur le maire, vous nous accueillez, vous mettez du personnel à notre disposition, et on vous donne 1000 euros par mois. C’est ça la proposition de La Poste … Et est-ce que franchement nous voulons cela ? Donc on paie tout juste pour une compensation de 1000 euros ? Mais, 1000 euros ce n’est rien du tout, ce n’est même pas un salaire d’une personne. Je l’ai d’ailleurs dit à Chemin Long à de multiples reprises. Est-ce que l’on adhère à cela ou pas ? Si l’on fait cela, évidement on maintient une poste. Mais cela veut dire que c’est le contribuable qui paie tout. Mais je pense que La Poste a encore un devoir, en dépit de son changement de statut. L’esprit de service public devrait perdurer pour aboutir à ce que La Poste maintienne ses établissements face à sa diversification. La Poste aujourd’hui est obligée de changer, mais il faudrait progresser sur la notion de maison de service public.  Dans une maison de service public, il faut être en égalité avec La Poste. Moi, je suis un peu outré de cette façon de faire.

  • Socio Politique Local
  • Eric Ghaffar ; Florian Wagenheim 
  • 04/05/2021

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